Cette progression intervient parallèlement à une hausse de
la demande industrielle et technologique liée à la révolution de l’intelligence
artificielle, des énergies propres et des infrastructures
numériques.
Cette envolée survient alors que les avertissements se
multiplient sur l’entrée du marché mondial du cuivre dans une phase de déficit
structurel à long terme, en raison du ralentissement du développement de
nouvelles mines et de l’augmentation continue de la demande mondiale pour ce
métal considéré comme « l’artère de l’économie électrique » mondiale.
Des perturbations de l’offre qui
alimentent la hausse des prix
Le cuivre poursuit ses performances exceptionnelles pour la
deuxième année consécutive, après une hausse d’environ 40 % l’an
dernier, portée par les menaces américaines d’imposer des droits de douane
sur les importations de ce métal stratégique, ainsi que par des perturbations
croissantes de la production dans plusieurs grandes mines à travers le monde.
Selon des rapports publiés par Goldman Sachs, les
risques liés à l’offre sont désormais le principal moteur des prix, notamment
avec la persistance des perturbations des chaînes d’approvisionnement
mondiales, la hausse des coûts de production et de transport, ainsi que la
pénurie de certains produits chimiques essentiels utilisés dans les opérations
d’extraction du cuivre.
La banque américaine a également averti que toute
perturbation prolongée du transport maritime dans le détroit d’Ormuz,
combinée aux restrictions chinoises sur les exportations d’acide sulfurique,
pourrait entraîner une baisse notable de la production mondiale de cuivre, en
particulier au Chili et en République démocratique du Congo, deux
des plus grands producteurs mondiaux.
Le cuivre et l’intelligence
artificielle … une demande sans précédent
Les analystes estiment que la flambée actuelle des prix du
cuivre est directement liée à l’expansion mondiale des projets d’intelligence
artificielle, des centres de données, des réseaux électriques
et des infrastructures d’énergies renouvelables.
Le cuivre constitue un élément essentiel pour :
- les centres de données géants dédiés à l’intelligence artificielle ;
- les réseaux électriques et infrastructures énergétiques ;
- les véhicules électriques ;
- les systèmes de stockage d’énergie ;
- l’industrie électronique et les semi-conducteurs ;
- les projets mondiaux de transition énergétique.
Un rapport de Goldman Sachs souligne que plus de 60
% de la croissance de la demande mondiale de cuivre d’ici 2030
proviendra des investissements dans les réseaux électriques et les
infrastructures énergétiques, stimulés par l’essor de l’intelligence
artificielle, de la défense et des énergies propres.
Le marché passe du “surplus” au
“déficit”
Alors que certaines institutions prévoyaient auparavant un excédent
sur le marché du cuivre en 2026, les estimations récentes montrent un
changement radical de perspective.
Le Groupe international d’étude du cuivre a abandonné
ses prévisions d’excédent et anticipe désormais un déficit d’environ 150 000
tonnes en 2026.
Parallèlement, certaines estimations publiées par des
banques d’investissement internationales évoquent encore la possibilité d’un
léger excédent, mais avec des prix qui resteraient élevés en raison de ce que
les analystes qualifient de « rareté stratégique », c’est-à-dire des
goulets d’étranglement persistants dans les chaînes de production et de
raffinage, même lorsque le minerai est théoriquement disponible.
La crise des nouvelles mines
L’industrie minière fait face à un défi majeur : la lenteur
du développement de nouvelles mines. Selon des estimations spécialisées, le
développement d’un nouveau projet minier de cuivre peut nécessiter entre 15
et 20 ans, ce qui menace la capacité du marché à répondre à la demande
future.
Des études prévoient que la demande mondiale de cuivre
passera d’environ 28 millions de tonnes actuellement à plus de 42
millions de tonnes d’ici 2040, sous l’effet de la transition mondiale vers
une économie électrique et numérique.
La hausse va-t-elle se poursuivre ?
Les analystes s’attendent à une poursuite de la forte
volatilité des prix du cuivre dans les prochains mois, tout en maintenant une
tendance générale haussière tant que persisteront :
- les perturbations de
l’approvisionnement mondial ;
- les tensions commerciales et géopolitiques ;
- la forte demande provenant des secteurs de l’intelligence artificielle et de l’énergie ;
- la faiblesse des investissements dans de nouvelles capacités minières.
Des projections à long terme publiées par Goldman Sachs
évoquent même la possibilité de voir les prix du cuivre atteindre 15 000
dollars la tonne d’ici 2035, à mesure que le marché s’enfonce dans un
déficit structurel durable de l’offre mondiale.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire